24 février 2007
Régis Wargnier-Pars vite et reviens tard
Je vous avais déjà parlé de Fred Vargas
et de ses policiers décalés, un peu paumés, un peu limite. Voilà la
version cinématographique du roman homonyme. Rien que du beau monde
pour une enquête trouble autour de la peste et de la panique qu'elle
suscite. Tout roule, huilé et surprenant.
Maintenant, deux problèmes.
Premier, dommage pour le scénario plus édulcoré que le roman et qui du coup gomme la folie qui s'empare de tous ces personnages, une spirale infernale. Mais ça se gère...
Deuxième plus fondamentalement, le personnage central, Adamsberg, perd de l'épaisseur sans que je trouve quoi que ce soit à redire à l'interprétation de José Garcia (D'ailleurs, si quelqu'un veut m'aider à comprendre). Eternel séducteur, paumé, sensible, se fiant seulement à ses intuitions, rien de cette richesse ne transparait dans le film ou si peu. Et c'est cette richesse qui explique l'imbroglio avec Camille, la femme qu'il ne sait pas garder, alors qu'elle traverse le film sans qu'on y comprenne rien, si on a pas lu le livre.
Reste que c'est jouissif, tous ces gens qui se régalent et que ça mérite le détour. Rien que pour Olivier Gourmet, fabuleux Joss crieur public, une merveille.

22 février 2007
La tarte aux fruits, constante et variables
Constante:
la pâte, faite à la main ou dans un robot, c'est équivalent. Le secret est de ne pas trop la travailler.
Compter deux mesures de farine pour une de beurre (200 grs / 100grs pour un moule standard), émietter le beurre avec la farine jusqu'à avoir du sable et ajouter de l'eau jusqu'à ce que la boule se forme.
Ma grand-mère parfumait tout ça à la gnôle et laissait reposer, parce que plus facile à étaler. Mais ce n'est pas nécessaire, c'est du confort.
Variables
- Les fruits, selon qu'ils sont plus ou moins juteux, on ajustera l'épaisseur de la pâte et de l'appareil (la chose qui accompagne les fruits). Très juteux, prunes, fruits rouges, pèches, abricots. Peu juteux, poires, pommes.
- La pré-cuisson (cuisson à blanc) de la pâte ou non. Si les fruits sont juteux et/ou si il y a un appareil humide, il vaut mieux précuire, c'est plus digeste. Compter 1/4 à 20 mn.
- L'appareil:
- 1ère école, la simple confiture ou gelée réchauffée, peut-être diluée à l'eau, et répandue en nappage en fin de cuisson. Un classique, la gelée de coing, pour sa jolie couleur. Ma mère est une fanatique de la gelée de prunes. Mais tout est possible. Eviter cependant les confiture à gros morceaux, c'est plus difficile d'obtenir un nappage régulier. Ou mixer avant.
- 2ème école, l'appareil pâtissier, plus lourd. La crème pâtissière à la vanille, à poser en lit sous les fruits. Son principal avantage est qu'on peut en varier l'épaisseur. L'appareil à couler, (Damien, ta recette au secours). L'appareil frangipane, mon préféré, comme une vraie mais sans le beurre et ultra simple; 1/4 de litre de lait , 100 grs de sucre, 150 grs d'amandes concassées ou en poudre, un oeuf, le tout battu et versé sur les fruits. Compter 45 à 50 mm de cuisson. A noter que les appareils à couler, très liquides, ne vont pas bien avec les fruits juteux.
Mais pourquoi toute cette littérature, vous demandez-vous...
Parce que j'ai récemment redécouvert les tartes aux poires à la frangipane et que c'est tellement bon que j'ai voulu vous faire partager.
Voilà...
19 février 2007
Vivante
Ne vous trompez pas,
Ma puissance est infinie :
Je suis en vie !
Libérée

Je n'en ferais pas plus...
Mais aujourd'hui, 1er jour de mon congé mater...
Je redeviens mon propre maître.
NDT: Avant, congé maladie, enfermée, horaires de sortie stricts et contraignants. Normal, mais ouf, c'est fini.
17 février 2007
La fameuse poularde
D'accord, c'est du réchauffé (pour cause, cela date de quinze jours).
Mais pour les curieux, voilà à quoi ressemble une poularde demi-deuil. A noter qu'on la sert accompagnée d'un roux blanc, sauce suprême, ou dans le cas présent d'une sauce crémeuse au champignons.
Et moi qui DÉTESTE les légumes bouillis, je dois reconnaitre que dans un fond poule et truffes, c'est autre chose... Miam !!!
Confiture d'oranges amères pré-accouchement
Je ne vous ai jamais parlé de ma merveilleuse sage-femme, Françoise Duclaux. Voilà l'occasion de réparer cette injustice. Cette recette est une illustration de son crédo "la grossesse et l'accouchement font partie de la vie" et donc il est tout à fait logique de tchatcher cuisine en s'y préparant, non mais des fois.
Recette de sa grand-mère, à tout seigneur...
Il vous faut :
- 4 oranges amères,
- 8 oranges maltaises,
- 3 litres d'eau,
- 5 Kg de sucre,
- 2 citrons,
Attention recette en trois jours.
1er jour
On extrait grossièrement le jus des oranges, on enlève bien tous les pépins, on mixe grossièrement écorces et pulpes, on met ensemble à mariner jus, écorces-pulpes et eau.
2ème jour
On fait bouillir la marinade 1 heure. On rajoute le sucre. On tourne bien de façon à ce que le sucre puisse bien fondre sans faire de grumeaux.
3ème jour
On fait cuire la confiture entre 1 heure et 1 heure 1/2. Dix minutes avant la fin de la cuisson, on rajoute le jus des deux citrons.
Mettre en bocaux quand c'est encore bouillant.
C'est DÉLICIEUX. (Regardez le niveau du pot, ça date de vendredi matin).
Querelles, enguelades et autres éléments de dialectique
Une question me turlupine en ces jours de pré-campagne électorale :
Savons-nous encore nous disputer?
Explication
Dans un monde de plus en plus lisse et dépassionnée, sécurisé et balisé, je vois de moins en moins de personnes arriver à se présenter des points de vue différents sans se considérer comme des ennemis mortels. Ne pas être d'accord avec l'autre, et le dit-autre pense que votre seul but dans la vie est son extermination, ce que vous finissez vite par penser aussi, les pensées négatives se propageant toujours tellement mieux que les positives. Et ce sur des sujets certes pas toujours anodins mais certainement pas vitaux.
La religion est un bon exemple. Et rien ne rassure plus qu'une femme voilée accompagnée d'une non-voilée en train de pouffer de rire au cours d'une balade bras-dessus bras-dessous. Chose qui était familière dans mon adolescence et que je vois de moins en moins...
Réfléchissez, depuis combien de temps n'avez-vous pas eu de bonne engueulade qui ne soit pas terminée en affront mortel à laver dans le sang? Avec qui, de qui supportez-vous ce genre de sport? Et est-ce que M.Brun ou Panisse auraient du quitter à jamais les parties de cartes? Ils le feraient aujourd'hui car ce qu'ils subissaient est bien plus que ce que peut supporter notre sensibilité moderne.
Partant de cette hypothèse, comment la démocratie peut-elle avancer dans une société où l'opposition, la contradiction est devenue vulgaire? Si nous ne supportons plus d'entendre des avis en contradiction avec les nôtres, à quelle pauvreté nous condamnons notre pensée, devenue bouffie de sa propre satisfaction !!!
Acceptons la contradiction, suscitons-la, défendons-la, elle nous sauvera de la bêtise.
Citoyens de tous les pays, engueulez-vous !!!
11 février 2007
Ecraser les cages
Et je pleure comme un veau...encore et encore.
Zoé regarde "Le roi et l'oiseau" de Paul Grimault. Arrive la scène finale où seul reste un robot destructeur et déconnecté. Le petit oiseau imprudent s'est encore coincé dans une cage; à explorer le monde, on se laisse parfois prendre au piège. Alors, délicatement, ce monstre de métal soulève de ses deux pinces la grille de la cage, permettant au téméraire de s'envoler à nouveau... Et d'un coup de poing écrase la cage.
Regardez ce film, encore et encore. Régalez des couleurs délicates, des dialogues d'anthologie (Prévert oblige). Et remettez des oiseaux dans vos vies, en en écrasant les cages où on les enferme.
10 février 2007
Femmes à l'écran 3-Le souffle de Rose

Souvenirs-souvenirs...
Tous scotchés devant Titanic, d'aucun pleuraient comme des fontaines depuis le départ du bateau, quand à moi, rien, toujours rien. Et pourtant je savais qu'allait arriver ce moment où immanquablement ma gorge allait se serrer, le coup de sifflet presque final où Rose choisit de vivre envers et malgré tout (s).
Ce cauchemar récurent que je fais au bords du sommeil. Quelque chose de terrible m'arrive, mais je sais que ce n'est pas la réalité ou du moins que mon cerveau déforme la réalité, qu'il faut que je me réveille pour m'en rendre compte; qu'il faut que je crie pour me réveiller. Mais je n'y arrive pas, je fais des efforts désespérés mais aucun son ne sort de ma bouche. Jusqu'au moment où j'arrive, je retrouve mon souffle et je crie, dans mon rêve et dans la réalité, me réveillant...me sauvant aussi.
Autre film, autres personnages. Josiane Balasko, bousculant Sandrine Blancke pour la faire crier,car c'est le seul moyen qu'elle peux lui donner pour se protéger de son violeur de père. Encore un personnage qui ne veux pas se défendre pour elle mais qui accepte de se battre pour quelqu'un d'autre.
Crier, comme un souffle de vie, la magie de la respiration et ce sifflet comme vecteur.
Si la Rose de Cameron est longtemps pâlichonne, elle acquière dans cette scène toute sa puissance. La beauté de ce rôle est dans sa construction entre deux temps, deux actrices. Rose gagne car elle survie longtemps, très longtemps, parce qu'elle réussit à vieillir. En ce sens, c'est Rose âgée qui nous démontre la force posée que Rose jeune n'a fait que mettre en place. Une si belle promesse...
09 février 2007
Etat limite

C'est une drôle d'histoire, ce ventre qui s'arrondit, ce corps qui devient lourd, qui ralentit.
Comme une maladie dont l'issue serait forcément heureuse et souhaitée. Un état limite aux frontières de ce que le corps peut porter et supporter.
J'aime...comme un manège où j'ai décidé de monter sans savoir quand je pourrais descendre.










