Prenons le microcosme classe comme un modèle de l'activité humaine. On pourrait définir deux grands types d'activités, l'action direct sur le monde et le partage d'expériences.

Ainsi, les enfants apprennent à agir sur leur environnement immédiat, comment il fonctionne et intègrent des outils qui leur permettent de le modifier, dans le but de l'améliorer. Ces techniques et savoirs sont opératoires et recouvrent les mathématiques, la lecture fonctionnelle, les sciences de la matière et de la vie, la découverte du monde.

Mais le partage d'expériences occupe une place privilégiée dans le " grandissement" des êtres humains. C'est un moyen que seuls dans le monde animal nous avons poussé à son maximum, en variant les techniques de communication. Il peut s'agir de communication directe, en général entre pairs. A l'école, elle revêt des aspectes aussi variés que le compte-rendu, oral ou écrit, le débat réglé, la gestion des conflits, l'exposé...
L'autre cas de figure, et là nous sommes presque seuls sur le créneau, est celui du partage en différé à travers toutes les formes de communication pérennes (voix enregistrées, textes, dessins...). Dans ce cadre, la littérature, et particulièrement la fiction, est un outil ABSOLU.
Ainsi tout le monde le sait, la chasse aux dragon forme la jeunesse; mais les bons tours opérateurs sont rares dans ce domaine.

De ce magnifique baratin, on peut tirer deux conclusions:
-Dans ce contexte, on peut comprendre que les activités sportives collectives et à visée artistiques sont un excellent moyen de grandissement de l'être humain, car elles recoupent les deux domaines, un perfectionnement de l'outil-corps pour agir dans le monde en partageant une expérience avec autrui.
-On n'a pas fait mieux qu'un bon roman pour partir à la chasse aux dragons, pas cher et en mode sécurisé. Alors lisez, à vos conjoint(e)s, à vos enfants; faites les lire. Cela explique pourquoi je lis encore des livres tous les jours à mes élèves, quand ce n'est pas deux, des grands, vous rendez-vous compte! Et des albums, en plus. D'ailleurs j'en lis à mon cher (pas assez, c'est vrai).

Bref lisez encore, toujours, partout et surtout voyagez bien dans l'infini possible de l'humanité.