20 janvier 2009
Survivor

Il y a encore (déjà ???) des moucherons dans la salade.
TERRRRRRRRRRRRRRRRRRRIFIANT !!!
14 janvier 2009
La fée culture se penche sur votre berceau
Retranscription d'une interview de Jean-Michel Ribes, auteur mythique de Palace, en préambule aux vœux présidentiels au monde de la culture.

On s'aperçoit dans le monde dans lequel on vit, spécialement en ce moment, que la vrai richesse, c'est la culture plus que l'argent. Donc je dirais: « Il faudrait qu'ils mettent un peu plus de culture dans l'économie et un peu plus d'économie dans la culture » Parce que c'est la vie. Rêver plus, s'envoler plus, s'enchanter plus, par la culture, c'est vivre plus. Surtout en cette période de crise. On voit bien que l'issue de secours, là où les gens peuvent considérer que tout n'est pas foutu, c'est avec les poètes, les musiciens, les créateurs. C'est-à-dire ouvrir des planètes autres que la nôtre, qui est foutue par l'argent. Je dirais: « Rêver plus pour vivre plus ». Il faut arrêter de considérer que la culture coute cher. Un monde sans culture couterait beaucoup plus cher.
NB :Parler de tous les projets qu'a mené ET mène Jean-Michel Ribes prendrait des heures. Alors Palace, c'est très réducteur. Mais celui que je connais le mieux, et de loin le mieux aimé.
09 janvier 2009
c.q.f.d.
"Mais comment la neige a-t-elle pu bloquer toute la Provence en quelques heures ? Alors que la presse régionale critiquait jeudi matin, les autorités locales invoquaient le manque de moyens techniques mais doutaient dans le même temps de l'utilité d'investir pour remédier à un phénomène si exceptionnel. "Est-ce que pour un événement qui se produit statistiquement tous les 20 ans, il faut que la ville et la communauté urbaine investissent des dizaines de millions d'euros dans des équipements qui serviront de façon aléatoire ou est-ce qu'on peut se dire qu'on peut supporter pendant une journée d'avoir une situation un peu atypique ?", s'interrogeait ainsi le préfet des Bouches-du-Rhône, Michel Sappin."
Lu sur LCI.fr
Petit rappel historique.
La dernière fois que cela s'est produit, en janvier 1987, mon père était malade, hospitalisé, de la maladie dont il allait mourir en novembre. C'est vous dire si je m'en rappelles. La neige a commencé à tomber le mercredi après-midi à 15h00. A 15h10, Tatie, notre femme de ménage (que c'est réducteur, les catégories; ange-gardien serait plus juste, mais c'est pas comptabilisé par l'INSEE) était partie. Heureusement car elle a pu rentrée chez elle. Une demie-heure plus tard, plus rien ne passait, ne se passait. Je suis allée chercher ma grand-mère, en rendez-vous chez son kiné (2 mm à pied), car elle ne serait pas rentrée chez elle toute seule, on ne voit pas beaucoup de neige à Alger. Le kiné ferma boutique, pensant bien qu'il n'y aurait plus personne. Ma mère a mis trois heures pour rentrer de l'hopital, au lieu des 5 mm habituelles. Les infièrmières de jour ont enchaînées sur la nuit, sans mot dire. A situation exceptionnelle... Beaucoup de de collègues de mes parents ont couché qui au labo, qui chez des amis. Beaucoup de gens ne sont pas rentrés chez eux cette nuit là, sans téléphone portable et sans énervement. Le lendemain, j'ai eu une heure de cours sur les huit habituelles, le lendemain à peine trois. Les transports en commun ne reprirent que partiellement le samedi à 12h00.
Tout la France a rigolé, tant mieux pour elle. Personne n'a râlé.
C'était il y a 22 ans.
Sans commission d'enquête, on peut en conclure deux choses:
1)Il n'y a pas mort d'homme. Et tout le reste attendra. Alors on peut bien supporter deux jours de black-out tous les...22 ANS!!!
2)Donc est-il raisonnable d'investir des millions pour résoudre deux jours de crises qui se passent sans heurt entre quatre et cinq fois par siècle. Les collectivités locales ont répondu; très bonne réponse.
Pour info, il n'y a pas d'école dans ma commune depuis 2 jours. Nous avons toujours été informé avant 17h00 par une chaîne de parents. Comme quoi, la solidarité, c'est efficace.
07 janvier 2009
Un bastion de 68 résiste, le conservatoire de musique de Pertuis
C'est un drôle de pays, entre Lubéron et plateau de Forcalquier. Un endroit où beaucoup de soixante-huitard ont fait souche, où il règne un esprit de vie alternative possible.
Mais voilà, le monde nous rattrape. Alors, ouvrons les bras pour le freiner un peu...
Il était une fois un conservatoire de milieu rural, géré par un syndicat de communes assez isolées, pour promouvoir l'éducation et la culture musicale. L'éducation de tous pour un prix modique et égalitaire, à travers les interventions dans les écoles, les cours à tous, jeunes et adultes. La culture musicale par la tenue d'un grand nombre de concert gratuits et le relai d'une "information musicale" auprès de la population.
Mais la mairie de la principale ville partenaire à décider de se désinvestir su projet, de remettre en cause la convention de mise à disposition des locaux.
Moi, mère d'élève, élève, et enseignante ayant profitée des interventions du conservatoire, je juge cette situation inadmissible. Alors lisez, jugez et faites savoir votre avis.
Trac rédigé par les enseignants du conservatoire du Sud-Lubéron
13 mai 2008
Un bastion de l'inutile est tombé
Il tombe!!! Entendez le fracas que fait sa destruction. Rien...
La réforme des universités, ça me gratte depuis longtemps, mais j'avais du mal à identifier la plaque. Ce n'était pas ce qui fait hurler ma mère, la disparition de la parité et la concentration de tous les pouvoirs dans les mains de quelques uns. Non, c'était plus diffus, plus lancinant, plus fondamental aussi, comme si quelque chose de ma vision du monde était mis à mal.
Grand merci à Valérie Pécresse qui a pointé là où ça fait hurler, l'insertion professionnelle. Grand interview ce matin sur France Inter où elle expliquait que c'est ce qui coinçait le plus. Et pour cause, ça remet en cause le statut même de l'université, un des derniers bastions de l'inutile contre le productivisme à tout crin, de l'otium contre le negotium, de l'humain contre le produit. Avant, l'université apprenait aux gens à penser, sans avoir besoin de justifier cette activité humaine fondamentale. Au sortir de l'université, on cherchait un métier, on se formait professionnellement. Certes, cela donnait des enseignements parfois très éthérés (trop diraient certains) mais au moins libres de toutes contraintes. Cela permettait la recherche fondamentale, le bouillonnement un peu brouillon mais au combien dense et prolifique de la pensée.
Mais il est temps de produire sans penser.
Alors, écrivons le mot
FIN
20 novembre 2007
Pourquoi je suis en grève aujourd'hui
La grève, c'est
[Avec l'idée d'un arrêt collectif et concerté]
[En
parlant de travailleurs indépendants, non salariés] Cessation concertée
du travail, faite par un corps de métier ou un groupe social, en signe
de mécontentement, et provoquant souvent la gêne de ceux qui ont
recours à ses services.
Mécontente de mes conditions de travail? Oui, mais cela peut attendre. Il faut voir que la liquidation des régimes spéciaux de retraite posent plus généralement la question de la valorisation des métiers de fonctionnaires. Tant il est vrai que nous sommes mal payés mais que nous bénéficions d'une certaine qualité de travail et de vie, ceci compensant cela et permettant d'avoir un recrutement de qualité. Or ici, je réagis à la volonté du gouvernement de liquider le service public. Et je ne peux que m'opposer à cette politique. Car le service public est une valeur chère à mon cœur. Petite explication.
Il y a des choses qui dépassent la simple notion d'argent, qui transcendent les échanges économiques. Il s'agit de secteurs qui demandent de lourds investissements, dont sont seules capables les collectivités, comme les transports; il s'agit des secteurs qui touchent à la survie des états, et qui en tant que tels, doivent rester dans le giron de l'état, dont les énergies, la défense nationale; il s'agit des secteurs dont le retour sur investissement (Dieu, que c'est laid) sont humains et non monétaires, et ne peuvent donc s'inscrire dans une logique économique libérale, dont l'éducation, la gestion de l'environnement.
Je tiens à protester ici de tout mon être contre la logique dominante du "après moi le déluge", de ce pillage systématique des ressources nationales, de leurs non-renouvèlement. Nous ne tiendrons pas longtemps ainsi.
12 novembre 2007
La direction et l'arrivée
"Où va-t-on?"
Question de ma fille de quatre ans. J'admets son besoin de repères fixes à un âge où on change tellement soi-même. L'incertitude intérieure n'est supportable que dans un extérieur balisé. Mais chez un adulte, la problématique devrait être inverse.
"Où vas-tu?"
Je ne sais pas et cela n'a pas beaucoup d'importance, puisque je veux vivre. Même plus, cela participerait d'un nouveau luxe, refuser de tout maitriser.
Entre l'aléatoire incohérence de la folie et le quotidien en forme de à papier à musique, il y a un monde, le mien. Comme une pièce de comédia del'arte avec un canevas et beaucoup d'improvisation. Je sais dans quelle direction je vais ; mais je sais aussi que les chemins de traverse me tenteront toujours. Je sais mes propres impasses ; mais je sais aussi mon "insatiable curiosité" et tant pis pour les crocodiles.
Je vais, en général, j'avance. Et ne vous fiez pas à mes courbes. Peu de choses me détournent des buts que je me suis fixée. C'est mon côté bulldozer. Heureusement pour mon environnement, je n'ai pas beaucoup de véritables désirs.[D'ailleurs, une personne de forte volonté et de nombreuses envies serait invivable.] Pas beaucoup de peurs non plus, mais très intenses. Peur de la mort, en fait, essentiellement. Cela me pose quelques problèmes sociaux, parfois...
06 novembre 2007
Beurk
Vu sur une publicité d'une célèbre enseigne de puériculture :

C'est quoi les critères de réussite d'un enfant?
01 novembre 2007
Pleurer...de rire
"Aucune raison "qu'un président de la République soit payé au niveau d'un petit cadre moyen", justifie Pierre Lellouche, député UMP." cité dans un article de Rue 89 en date du 31 octobre 2007. Il s'agit de justifier l'augmentation de 240% environ du salaire du chef de l'état passant ainsi de 8000€ environ à 18 690€ brut.
C'est merveilleux, en tant que petit cadre moyen, travaillant 10 mois lissés sur 12, je peux espérer un salaire de 6500€ brut environ au lieu des 2200€ brut actuels[A peu près, je n'ai pas de feuille de paie sous la main, en net compter 1600€].
Youppi !!!
26 octobre 2007
J'aime pas les héros ou la lâcheté des hommes
Ah Guy Môquet, sa jeunesse, sa possible beauté adolescente, ses idéaux...
Un vrai roman feuilleton, cette histoire.
Mais quand même, plusieurs choses me questionnent dans ce choix de lire une telle lettre, dans l'ordre :
Qu'est-ce qu'un héros?
Guy Môquet est-il un héros?
Est-ce un modèle que je veux transmettre?
Quel peut-être l'intérêt de ce gouvernement d'enseigner les héros?
Où est le courage? Où est le lâcheté?
Éléments de réponses point par point, parce que j'ai des envies de démontage intellectuel en ces temps d'acculturation.
Une petit définition, extraite du TILF, pour commencer:
"I.
Héros, subst. masc.
A.
MYTH. Être fabuleux, la plupart du temps d'origine mi-divine, mi-humaine, divinisé après sa mort. Synon. demi-dieu.
II.
Héros, héroïne, subst.
A.
1. Homme, femme qui incarne dans un certain système de valeurs un idéal de force d'âme et d'élévation morale. (...)
En partic.
Homme, femme qui fait preuve, dans certaines circonstances, d'une grande abnégation :
Combattant(e) remarquable par sa bravoure et son sens du sacrifice. Glorieux,
vaillant héros; héros de la Grande Armée, de la Révolution; héroïnes de
la Résistance; mourir, se comporter en héros. (...)"
Il faut aussi toujours garder en tête que le héros est circonstanciel. Alors de là à le glorifier.
Quelques éléments pour nourrir votre réflexion:
"Né en 17 à Leidenstadt" de Jean-Jacques GOLDMAN
"Survivre" de Bruno BETTELHEIM
Est-ce que Guy Môquet est un héros?
Oui, car il a été choisi pour incarner certaines valeurs sus-citées, résumables en "spontanéité adolescente mortifère". Non, parce qu'en tant qu'otage, il était juste au mauvais endroit au mauvais moment. Etre un héros suppose de l'action et il n'en a malheureusement pas eu le temps. Et cette vision du concept de héros-victime est très contemporaine, qui valorise la passivité au profit de l'action, avec un retour en force des saints et martyres pré-chrétiens. Télérama avait sorti un numéro passionnant sur le sujet(, dont j'ai perdu la référence, à l'aide).
Voir à ce sujet :
"Survivre" de Bruno BETTELHEIM, encore
L'article de wikipédia
Un article du Monde
Est-ce un modèle que je veux transmettre? Où est le courage? Où est le lâcheté?
Les deux items se rejoignent pour moi. Le courage est une valeur importante. Mais elle réside dans le fait d'affronter la réalité, de s'y confronter, éventuellement de la changer s'y elle ne nous convient pas ; en aucun cas, de la nier. Pour moi, la lâcheté se situe dans le déni et c'est ce qui me faire dire que la plupart des héros de notre société sont pour moi des lâches. "Je préfère mourir que de voir ça", quelle honte!!!
Donc oui, je souhaite enseigner le courage, mais celui qui se bat, qui agit. Pas le martyre.
"Mourir pour des idées, d'accord, mais de mort lente", et quand vraiment, je n'ai pas trouver d'autres solutions. Et de toute façon, la mort est le pire des échecs, "l'honneur des survivants, c'est de survivre".
"Survivre" de Bruno BETTELHEIM, toujours
Brassens, Mourir pour des idées
Comparer Le poignard d'argent d'Ian Serraillier chez Hachette jeunesse et le journal d'Ann Franck
Quel peut-être l'intérêt de ce gouvernement d'enseigner les héros?
Petit retour historiographique. On oppose une vision évènementielle de l'histoire, basée sur l'émotion, à une vision plus statistique, moins intéressante, mais plus soucieuse des grands modes de fonctionnement des sociétés. Il faut mener les deux de front, l'une alimentant l'autre. Mais c'est la deuxième qui donne des clés permettant de démonter les grands mécanismes. Et nous permet de nous défendre contre l'embrigadement de nos pensées.
A votre avis, qu'est ce que préfèrera ce gouvernement? Que nous réfléchissions ou que nous palpitions?
Confère les travaux de l'école des Annales et de Fernand BRAUDEL.








