09 janvier 2009
Shel Silverstein-L'Arbre généreux
"Il était une fois un arbre qui aimait un petit garçon. Et le
garçon aimait l'arbre. Énormément. [...]
Mais le temps passa et le garçon
grandit et l'arbre resta souvent seul."
L'Arbre généreux est un conte philosophique de par sa forme récurrente, épurée dans l'écriture et dans le dessin. Simple, simplissime.
Mais il brasse avec bonheur plusieurs thèmes fondamentaux:
Qu'est-ce que l'amitié, l'amour, la générosité, le sacrifice?
Quels sont leurs intérêts, leurs places dans la vie, leurs limites?
Quel peut-être le but de la vie, l'essence de la mort?
De 4 ans à l'infini.
Komako Sakai-Jour de Neige
C'est le moment de le lire.
Quand il se lève ce matin-là, sa mère lui dit de ne pas se presser. Car la neige tombe, qui va transformer ce jour en un moment magique, poétique et quelque peu inquiétant. Mais si vivant...
Lisez et relisez ce chef-d'œuvre d'un auteur qui excelle à parler des petites failles merveilleuses de la vie vues aux travers des yeux des enfants.
D'ailleurs je finis toujours par pleurer à la fin.
13 août 2008
Jane Austen-Orgueil et préjugés
Ou comment Mrs Bennet s'acharne à marier ses filles, et des aventures sentimentales qui en découlent.
Ce livre m'étonnera toujours. Il y a dans son canevas, dans son style un aspect de premier abord rédhibitoire. Mais en réalité, tout y est d'une subtilité déconcertante.
Avec des mots très simples, à travers des situations très convenues, Jane Austen met le doigt sur ce qui fait mal dans les rapports amoureux : la présence de famille pas toujours désirée pas toujours présentable, les différences sociales, la difficulté de se livrer à autrui de peur qu'il nous détruise, les regrets que l'on éprouve et les façons dont on peut les gérer plus ou moins maladroitement, la faible marge de manœuvre qu'il existe entre la dévalorisation de l'autre et son propre rabaissement.
Non, vraiment, ce livre mérite d'être redécouvert.
A défaut, une très belle fiction de la BBC avec Colin Firth, où l'on comprend pourquoi le Mark de Bridget jones s'appelle Darcy; quelles paires de fesses, mes aïeux!!!

21 novembre 2007
Les conceptuels
Tous ces écrits m'ont ouverts des portes intellectuelles. Petit inventaire non-exhaustif.
Ann Rice, La saga des sorcières, Le lien maléfique et sequitur
D'une richesse infini, Qu'est-ce qu'une famille, un chant du monde, quelle est la place du libre-arbitre face à la génétique, du sexe dans la vie, quel est l'essence du paranormal? et d'autres...
Ann Rice, Mnenoch le démon
Qu'est-ce que la vie, Dieu et le diable?
Philip Pullman, A la croisée des mondes
De la foi en général et de la religion en particulier.
Bruno Bettelheim, Survivre
Qu'est-ce qu'un héros, que signifie survivre, comment garder sa personnalité dans un univers concentrationnaire, qu'est-ce qu'un univers concentrationnaire?
Claire Brétécher, Les frustrés
Comment fonctionnent mes parents.
François Bourgeon, Les compagnons du crépuscule
Le bien et le mal, la séparation entre monde médiéval et monde moderne, la force du temps.
Hubert Monteilhet, Néropolis
Du sexe, essentiellement, de la morale, un peu, et de leur conjonction chaotique.
Ralph König, Conrad et Paul
Autres mœurs, autres morales, autres bonheurs.
L'imagination crée des mondes
Toute l'œuvre de Claude Ponti
François Schuiten et Benoît Peeters, Les murailles de Samaris et La tour
Pierre Makyo et Laurent Vicomte, Balade au bout du monde, 1ère série
Et vous?
06 novembre 2007
Corneille ou Racine
C'est une question qui se posait quand "j'étais jeune", tant il semblait évident qu'on était l'un ou l'autre. Vindicative comme le Cid ou désespérée comme Bérénice.
Personnellement non, Racine, pas trop, ou plutôt justement trop, désespéré, coincé, fataliste, mou et geignard. Dans les tragédies grecques classiques, les héros sont aussi coincés et désespérés que nos amis raciniens, mais beaucoup plus remuants.
Et Corneille alors? Ben, si on prend la tarte à la crème du Cid, bof. Moi Chimène n'a jamais été ma tasse de thé et je suis désolée, je n'ai vu la pièce ni avec Gérard Philippe ni avec Francis Huster. Alors...
Je suis quand même Corneille et pas pour le cornélien nœud de ces deux sympathiques jeunes gens. Non, pour Camille, des Horaces et autres Curiaces. C'est l'héroîne même de la colère et de la destruction, quelque chose de gourmand dans sa façon de rêver la dévastation de ces ennemis, une réelle jouissance. Rien que pour un des monologues les plus furieux du répertoire français, à dire d'une traite sans respirer et en finissant dans un air de chat repus sortant d'un bol de crème (ou plus trash si vous êtes inspirée):
Voir le dernier Romain à son dernier soupir, Moi seule en être cause, et mourir de plaisir.
CORNEILLE, Horace, Acte IV, scène 5

Rachel dans le rôle de Camille.
Portrait par Edourad Dubufe. Coll. de la Comédie-Française
12 octobre 2007
Rachel Hausfater-Le garçon qui aimait les bébés
De la passion qu'entretient Martin pour les Bébés, celui de sa voisine d'abord, ceux de la crèche où il fait son stage de troisième, sous les moqueries des autres, le sien ensuite, conçu par hasard mais tant désiré. Alors, quand la mère lui dit qu'elle accouchera sous X, il lui répond qu'il en sera le Y, envers et contre tous.
Il y a une très belle écriture par à-coup et associations d'idées, un style vif pour un sujet à la limite du pathos le plus dégoulinant. Court et plein d'espoir, un livre sur un sujet si grave, la filiation et ce que chaque humain y met de lui-même, de ses blessures et des ses rêves, accessible très tôt et pour longtemps, c'est rare et à apprécier.
Petit bijou.
[Il m'a fait pleurer comme un veau, mais c'est presque les hormones.]
21 septembre 2007
Jouons gaiement

Plato est un magazine sur...les jeux de plateaux;
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17 octobre 2006
Orson-Scott Card - Les chroniques d'Alvin le faiseur

Nous sommes là dans une monde très proche du notre, encore plus proche que ne l'étaient les mondes parallèles de la croisée des mondes. Dans un contexte de conquête américaine, mais où les pionniers sont essentielement des exilés magiciens, naît le septième fils vivant d'un septième fils vivant. Cet enfant est magique. Il dispose d'immenses pouvoirs qui lui permettent de lutter contre le mal absolu, au-delà du diable, la destruction et le néant, car il sait créer, guérir et réparer.
Je suis à la fin du deuxième tome de cette geste qui en compte six et je dévore.
Je crois que je suis surtout sensible à l'idée d'opposer construction-Bien/destruction-Mal( Voir à ce sujet le sortilège d'Ann Rice) et à l'idée que la nature comporte un équilibre qui participe de l'idée de Bien. Là encore, on se retrouve face à une critique féroce de la religion, sensée déshumanisée.
A suivre, donc...
23 septembre 2006
Et si je n'ai pas aimé?
Et bien je ferai comme ce chroniqueur de cinéma que j'adorai écouter car il ne parlait que de ce qu'il aimait...
Je ne vous en parlererai pas.
[A qui voudrait m'aider à me rapeller son nom, il officiait à Télématin, il y a une quinzaine d'année (oups) et je me rapelle d'un philippe]
21 septembre 2006
Fred Vargas-Un peu plus loin sur la droite
Ou les aventures de Louis Kehlweiler, ex-taupe de l'intérieur, ex-enfant de la seconde guerre mondiale, ex-futur-largué par une femme, ex-tout presque mais surtout collant comme du papier-mouche. Autour de lui, un ex-flic, une ex-prostituée (décidemment elle aime le passé), trois évangélistes et un crapaud font tourner un monde tendre, crasseux, plein de verve et d'humour noir.










